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Culture du coton dans le monde

La culture conventionnelle
du Coton dans le Monde

Connu depuis plus de 5 000 ans, le coton est la fibre textile la plus importante dans le monde, couvrant 50 % des besoins de fabrication textile. Il est cultivé dans 70 pays et occupe 80 millions d'ha. La Chine, l'ex URSS et les USA sont les principaux producteurs. Le coton se cultive également dans de nombreux pays en voie de développement et dans ces pays plusieurs millions d'habitants dépendent pour leur survie de l'industrie textile (au Mali le coton représente 70 % des exportations). Dans le monde, la récolte cotonnière annuelle équivaut à 23 milliards de dollars.
La culture du coton est aussi la plus polluante connue. De 10 aspersions de pesticides - par avion - dans les années 50, les paysans peuvent désormais traiter jusqu'à 40 fois les cotonniers par cycle de production (tous les trois jours). Au Guatemala, les femmes vivant sous les aspersions des champs de coton ont
dans leur lait maternel des doses 25 fois supérieures à celles paraissant acceptables dans le lait de vache pour l'OMS.
2 à 3 milliards de dollars sont ainsi dépensés pour les achats de pesticides, soit 25 % du chiffre d'affaires total des pesticides vendus sur le marché mondial !
En Inde, 50 % des pesticides passent sur le coton, soit 5 % des terres cultivées. Parmi ces pesticides, le DDT très toxique est encore utilisé dans certains pays.Le cotonnier est une plante très exigeante en eau et en éléments nutritifs, elle nécessite une grande fertilité du sol ; Les exploitations ont ainsi recours à des apports d'engrais massifs. Au Mexique, sur une exploitation, on a recensé 17 produits différents quasiment tous interdits en Europe.
Des défoliants très toxiques sont utilisés pour tuer la plante et éviter de ramasser le coton à la main ; tel un dérivé de "l'Agent Orange", défoliant au cyanure, utilisé pendant la guerre du Vietnam.
Aux USA, le coton OGM, pousse de couleur bleue qui a l'avantage de supprimer une opération de teinture et de plus, consomme moins d'eau.
Quelques catastrophes écologiques sont à mettre sur le compte de la culture conventionnelle du coton, l'assèchement à 80 % de la mer d'Aral, les attaques d'insectes et de champignons parasites en Chine, en Inde et au Pakistan. Empoisonnement de tout l'écosystème, des hommes, du bétail,
épuisement des terres, voilà le triste bilan de cette culture, pas triste pour tout le monde, car certains en tirent de substantiels revenus. Le coton 100% naturel que nous achetons cache donc une réalité pas toujours soupçonnée de tous.
Le Coton de culture Biologique
Le coton biologique représente environ 1 millième du marché mondial du coton. En culture biologique, il est habituellement introduit en rotation avec d'autres productions. Avec sa racine profonde, il récupère les engrais laissés par les autres cultures, qui d'ailleurs s'en trouvent mieux.
Et c'est le bétail aussi qui peut profiter de l'huile pressée à partir des graines. Les hommes sont, bien sûr, davantage payés ; leur part de travail est beaucoup plus importante.
La lutte pesticide écologique, par exemple, contre certains vers mâles - la grande menace - se réalise par sa capture l'aide de phéromones femelles. Sont aussi mises à contribution des guêpes insectivores. En éclaircissant, on en profite pour supprimer les plantes les plus atteintes. Après la récolte, on détruit les pieds pour contrôler le mildiou. On obtient un coton de meilleure qualité, exempt de métaux lourds qui fragilisent la fibre.
En culture biologique, 300 ha donnent 300 tonnes de coton brut, ce qui permettra de tailler 1,2 millions de T-shirts. Suivant son origine sa fibre va de 15 à 50 mm de longueur. On commence par séparer les fibres courtes qui iront au rebut. Plus la fibre est longue, plus elle est souple.
Le coton de culture chimique est totalement lavé et il ne subsiste que des traces de ces produits. Il est cardé, filé et tissé puis, afin d'être débarrassé des dernières impuretés organiques, bouilli en présence de soude caustique et de détergents.
Des projets importants BIORE en Inde et RAPUNZEL en Turquie ont prouvé depuis dix ans leur viabilité agricole et économique. Plusieurs cahiers des charges existent : SKAL, DEMETER, IFOAM (International)... Contrôlés par des organismes comme IMO , SKAL...

Précisions sur les mentions du Coton
Le terme 100% coton signifie seulement 85 à 90 % de coton, le reste étant des résines et autres apprêts chimiques.
Un coton non traité est un coton dans sa couleur d'origine non blanchi au chlore ; Il n'a aucune autre garantie, en particulier sur sa production biologique.
Plusieurs labels de qualité moindre existent à côté des labels de culture biologique et d'AKN : Green coton, Eco tex 100, Eco tex 200...
Certains sont contrôlés par des organismes indépendants.

L'association AKN
ArbeitsKreis Naturtextil (Association Professionnelle des textiles naturels)
Prendre en compte la nature et la santé des hommes, tels sont les deux principes qui ont poussé les membres de AKN à fabriquer des textiles naturels en utilisant des procédés de fabrication écologique - depuis la production des matières premières en passant par tous les stades de fabrication jusqu'au produit final, ce qui n'exclut pas de tenir compte de la mode.
Quatre fabricants sont à l'origine de la création d'AKN en 1991. AKN est maintenant devenu une association internationale des fabricants de textiles dont les membres s'engagent à respecter des principes de qualité qui sont réactualisés en fonction des connaissances à venir. Des contrôles par des laboratoires indépendants assurent le respect de ces principes.
Les différents critères du cahier des charges sont :

  • Culture biologique, polyculture, élevage biologique
  • Conditions sociales et de travail respectueuses et équitables
  • Procédés de fabrication respectueux de l'environnement : sans apprêt chimique, sans ingrédients polluants , sans teintures polluantes...
  • Produits à longue durée de vie
  • Critères et mécanismes de contrôle transparents de toute la chaîne de fabrication

AKN veut ainsi apporter une information globale aux professionnels et aux consommateurs, depuis l'origine des fibres textiles jusqu'à son élimination en passant par la fabrication et la distribution.

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